Pour ce we pascal, après moultes tergiversations, nous avions décidé, mon faux collègue Cyrille et moi-même de vérifier l'absence effective des cloches en charente maritime à Tonnay Boutonne le samedi pour une course en ligne et de constater leurs retours dans le blayais à St Ciers/Gironde Lundi. Mais mercredi nous apprenions que la course de Tonnay était reporté au 17 juin et c'est avec justesse que nous réussissions à nous engager pour le tour du pays d'Orthe dans le sud des Landes, épreuve "blindée" dès le mercredi soir avec le maximum de coureurs autorisés, c'est à dire 200 !
Beau parcours de 3*30 kms, un soleil franc et généreux, une légère brise océanique, le gazouillis des oiseaux, la couleur verte ominéprésente avec les feuilles émergentes et l'herbe qui donnait envie de brouter, bref, pour nous ça y est c'est (enfin !) le printemps. Comme j'avais déjà participé à cette course l'année dernière, j'informais mon chauffeur du jour du parcours et de ses éventuels pièges ! Circuit, certes assez difficile mais rapport à la longeur, on se rapproche plus d'une course en ligne que d'une en circuit. Et là plus qu'ailleurs, avec les 200 partants visiblement motivés, ce sont encore les coureurs qui feront la course !
Prêt, feu, partez, avec nos dossards 180 et 182, on est plutôt derrière... on a déjà 25s de retard au moment où on franchit la ligne de départ !!! Mais bon, moi ces remontées les coudes écartés avec des mecs qui m'engueulent pasque soit disant faudrait pas les toucher, et bien, voyez vous, comme le bon pain, j'adore ça ! Donc vent au cul (ah les expressions charentaises...) dans la première partie du circuit, ça roulait fort afin de se replacer parmis les premières places ! Les premières banderilles n'étaient pas des plus concluantes mais le paquet était nerveux et le rythme rapide, faut dire avec 200 mecs, ya toujours du monde pour rouler, relancer, attaquer ! En finissant le premier tour, sur une petite route, vent de 3/4 face, pour une première fois, le rythme baisse, on sent que tout le monde a besoin de reprendre son souffle, je suis bien placé, je descends une dent et j'en mets une petite, personne ne me suit et visiblement personne n'est interressé, bon ben ok j'suis tout seul... Je sais qu'on va bientot tourner et retrouver un vent plus favorable, je reste donc à un train soutenu et conserve mon écart de 300 m ! Mon but est d'attendre un petit groupe en renfort, ça, ça serait bien ! J'en profite pour passer la ligne en tete, du coup je fais le premier classement sprinteur, en baroudeur. Ayé, ça commence à revenir, mais au lieu de voir un petit groupe, ce doit etre pas loin de 180 mecs (on va dire qu'une petite vingtaine avait sauté !) en file indienne qui se rapproche ! Cool. Plus tard, un mec seul rentre sur moi mais avec le paquet sur nos oreilles, je prends sa roue et on attaque un raidard que je n'aime pas, je décide de l'escamoter et de me faire manger par le paquet, le mec continue avec un autre qui venait de rentrer et ils font l'écart, je commence à me dire que j'ai fait une connerie ! Mais non, ma science de la course était juste, 10 kms plus loin, en haut de la majeure difficulté de la journée, ils sont en travers, ou plutot le paquet a monté fort, yen a même qui ont chuté dans la bosse c'est pour dire ! Bref regroupement général et après sur le plat venté, 6 mecs sortent, des costauds, je retrouve enfin mon coéquipier qui remonte pour la première fois en tête, il accélère, je prends sa roue et en 2 relais chacun on est devant, c'est beau ! On passe de suite nos relais pour montrer qu'on est pas des tire au flanc mais en fait le paquet à la limite de la rupture est sur nos talons, le mec à la pancarte de 8 par 6 rentre et embraye aussi sec, vent de coté, bing l'élastique casse et on se retrouve à une dizaine et on s'organise, je me dits que c'est la bonne et ya plus qu'à rouler au train ! Ouais mais à peine 10kms plus loin, ça revient, zut j'y croyais moi !!! On revient sur la ligne d'arrivée et bien placé que je suis, je me dis que ça serait con de ne pas faire le deuxième sprinteur vu qu'il y en a que 2, je me place, un mec vient d'attaquer, c'est pas grave je fais 2, ça serait pas de bol que ce soit lui qui ait fait 2 au tour d'avant ! Et ben c'est pas de bol, je lui demande et il me dit qu'il a fait 2... sachant qu'en cas d'égalité c'est le dernier sprint qui compte !!! C'est ballo. Bref, restons concentré, je reste bien placé et je me dis qu'il faut attendre encore un peu. Il reste maintenant une dizaine de kms, une échappée vient de partir, sans nous, ils sont une petite dizaine et on y est pas, ça respire l'enterrement de première classe derrière, j'suis dans la roue de celui que j'estime être le dernier train pour la tête de course, bien motivé à ne pas le lacher. On arrive dans la dernière bosse, pas longue mais raide, et en fait ce sont les hommes de tête qui s'écroulent plus ou moins et en haut, on est vraiment proche, tellement même que sur la petite route à moins de 5 kms, ya regroupement général... Je frotte pour vraiment bien me replacé et plus ou moins au même endroit, je profite d'une hésitation pour leur refaire le coup du premier tour... je fais un peu l'écart et je me dis qu'il va falloir serré les dents, il reste 2 kms... Mais je fais l'erreur de cadet qui voyant que derrière on ne souhaite pas me laisser trop d'avance (ben ouais, faut pas croire qu'ils allaient me la laisser...), au lieu de me mettre à plat ventre pour essayer de les dissuader (surtout avec le vent) et ben je décide d'en garder un chouillas pour l'arrivée... je me fais donc revoir, je reste en tête coté où tu mets les autres dans la bordure et j'arrive comme ça avant le dernier virage, j'accélère pour le passer placé (2eme) mais là le chouillas que j'ai gardé, il est visiblement bien inférieur à ce qu'il me faudrait, je me fais débordé de partout et je vois Cyrille faire 6, moi que 13... On a pas été très performant dans la gestion de cette arrivée !
Comme convenu, je fais 2 au sprinteur et il n'y avait qu'une coupe pour le premier... Très bien, très, très bien... ça sent la vengeance sur le pichet de Sangria du soir ça...
Ah les Landes...
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