15 mai 2006

Bim, bam, badaboum...

Pour ce premier chaud dimanche de l'année, une nouvelle course en ligne se proposait aux coursiers de l'Aquitaine : Biganos - Biscarosse en ligne avec 2 tours de circuit de 20kms pour terminer avec passage à Bisacarosse plage et ses nombreux amateurs de dimanche "plage" ! Mais pour nous, point de serviette, de bikini, ou de partie de soft ball, juste le parking du centre commercial de Biganos comme lieu de départ !!!
Bref, une bonne centaine de coureurs pour ce parcours, plat comme une crèpe (pas comme une galette pasque parfois avec ce que tu mets dedans, ya de la hauteur !) pour sa première partie et 2 bosses dans le circuit final. Le tout avec un vent non négligeable mais pas trop galère quand même... une belle palette de possibilités !

Comme d'habitude, ça part plutot vite, avec un nombre assez important d'attaques ! restant vigileant, tout comme mon vrai faux équipier, je me retrouve à suivre un coup qui me permet de tester les guiboles : pas extraordianires mais pas pires ! Je me replace tranquillou dans le paquet et reste plutot attentif. D'ailleurs pas mal de costauds lézardent en queue de paquet, pas d'affolement ! Au bout de 25 bornes, sur le premier point chaud, ça s'allonge pas mal au moment où je me replace en tête, certains sprintent et après la ligne, je me lance pour une "Jeff Morange" d'école sur la gauche de la route, une énorme ligne droite s'offre à moi, vent de coté, mais bon maintenant que j'ai fait un peu l'écart, je ne vais pas me relever ! 2 kms plus loin , c'est avec plaisir que je vois revenir 2 cacalis dont mon pot' Cyril, c'est bonnard, en avant Guingamp ! On tourne légèrement sur la droite et on reprend le vent plus favorable, mais derrière ça bouge et 10 de plus reviennent, la plupart des clubs représentés, quelques relais assez forts et c'est parti ! On file fort et j'allucine en regardant les compteurs de ceux qui en ont, souvent au dessus de 55 ! L'écart monte crescendo jusqu'à 1'55" au maxi ! On est 13, tout le monde passe à peu près, la vie est belle ! En arrivant sur le circuit, l'écart commence à baisser et on a plus qu' 1'35" avant le premier grimpeur. Il était entendu que les 13 n'iraient pas au bout ensemble et lorsque en haut du MG, leader virtuel du classement de la montagne que j'étais (oui Môsieur !), j'aperçois (qu'apercevoir ne prend qu'un p) une bonne cassure derrière les quatre que nous étions ! En plus, Cyril est encore avec moi, du coup j'embraye sur le haut et on fait rapidement un écart, il reste 30 bornes, on est 4... En haut du deuxième grimpeur, je passe encore en tête et Cyril toujours deuxième, on gère pas mal notre affaire, ça roule régulier, bien sur on est en forte prise mais bon ya plus qu'à tenir maintenant ! On attaque le dernier tour, les relais reviennent de plus en plus souvent et je commence à souffrir mais on a toujours plus de 45" sur un groupe de contre ! Je gère pour passer corectement les bosses en sautant quelques relais mais on reste encore assez efficace. On revient sur le premier grimpeur et je ne sprinte plus, Cyril gère... En haut on relance encore pas trop mal, allez moins de 10 bornes ! On se rapproche de la dernière bosse, encore un rond point, j'suis en deuxième position, et, et, et, et MERDE : je fais toucher la pédale en voulant relancer un peu trop tôt et là en un dixième de seconde tout s'enchaine :
- le contact entre la pédale et la route, rapport à la rigidité de l'ensemble pédale-manivelle-cadre-roue, fait perdre le contact à la zone d'adhérence (on supposera en première approximation la répartition de pression du pneu sur la chaussée en cos²) entre le pneu Ar et la route
- Les loies de la dynamique appliquées au sytème (Ludo + son vélo) dans un repère lié au sol, supposé comme Galiléen pour le temps du mouvement, ont pour conséquence de rompre les conditions de roulement sans glissement de la roue AV
- Le glissement tangentiel entraina naturellement le Look, full carbone qu'il est, vers l'extérieur du virage
- Le système (Ludo + son vélo) se transforme ainsi en 2 sous systèmes indépendants dont Ludo, qui pendant une fraction de seconde est dans le vide, voit (rapport aux pommes de Newton) se rapprocher le bitume de Biscarosse, au demeurant irréprochable...
- et boum-fiiii (chute + glissade) !
- et clac - clac (les deux Ksyrium de Cyril qui me roule dessus !!)

... un ange passe....

D'un réflexe tu te relèves, t'as une drôle d'impression qui vient de l'intérieur de toi-même, machinalement, tu relèves ton vélo et comme un second réflexe tu remontes dessus !

A cet instant précis, je me dois de faire un peu d'histoire : à la fin du siècle dernier, dans ma corrèze natale, j'étais licencié à l'Ac Uzerche, club qui organisait de magnifiques, ou plutot surprenantes, ou encore spécifiques, enfin bref des belles galères dont l'appogé était le prix de la St Roch à St Ybard vers le 15 aout ! Licenciés au club organisateur et respecteux du maillot, nous n'échappions pas à cette galère que même les réputés grimpeurs redoutaient, bigre.... Et nous les routiers sprinteurs des hauts plateaux corréziens et sud haute-Vienne nous avions une devise fortement copiée mais jamais égalée : "à St Ybard, j'prends le départ" ! Et donc cette année là, plus que le départ, j'avais même pris la poudre d'escampette au premier tour, quand seul, dans un virage en devers je dérapa... Rapidement je remontais sur le vélo.... pour me mettre sur le bord de la route et laisser passer le peloton, je tenais une bonne raison pour ne pas aller plus loin ! Et on me chambre encore assez souvent...

Mais là, pour ma deuxième chute de ma carrière, point de syndrôme de St Ybard, je remonte et repars clopin/clopant en faisant un rapide examen de la situation :
- j'ai une guidoline à changer
- ça va piquer ce soir coté gauche
- y sont solides ces cuissards et ces maillots, pas de trous !
- j'ai perdu 2 à 3 grammes sur mon vélo (pédale et potence)
- Ils sont déjà plus que loin mes anciens compagnons d'échappée !

Bref, je me retourne et aperçois le contre, je n'ai plus qu'à les attendre, rester dans les roues et voir ce que ça va dire ! Ils rentrent sur moi dans la bosse et bizarrement j'ai un pep's d'enfer, les jambes tournent super bien et dans les roues je me sens pas mal ! ça roule un peu en vrac et j'espère que devant ils vont tenir ! Mais à force de coup de butoir, on se rapproche de plus en plus. Si bien que sans savoir où se trouve l'arrivée (on y passait pas avant !), ça sent le roussi. Je me replace et ça s'affole, une dernière attaque et ça y est on rentre, ça flingue, les rues de Biscarosse village ne sont pas assez larges pour nous, les voitures et les motos et ça y est, c'est le bordel, ça passe entre les terre-pleins et les voitures... un rond point, un autre, à gauche, à droite et là à 200m la ligne, "sympa"... Je suis pas très bien placé et même si je remonte 2 mecs, je fais 8, Cyril, serré au sprint ne fait que 2... Pas glop !

Et ça pique !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Et le bilan physique, ça va?
Moi aussi j'ai des bleus partout mais c'est joli quand ça devient vert, jaune... :-)

C'est déjà super une 8ème place malgré la chute!
La prochaine fois, tu gagnes!!!!!

Anonyme a dit…

Tu ne prends pas vraiment le temps de répondre à tes lecteurs ni même trop d'écrire...Peut être est ce la donzelle en question dans un des précedents épisodes de tes folles aventures qui te perturbe...ou bien toutes les jupettes d'été qui te font perdre la tête??....